Samedi 24 octobre 2009
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Aurélia et Robert allait devoir mettre un bémol à leur liaison, sinon au fond de leur coeur, dumoins dans la réalité des faits! Les activités qu'ils avaient accepté
d'avoir au sein de la Résistance allait mobiliser toutes leurs forces, leur énergie et leur courage!
Aurélia était devenue estafette et sillonnait la région à bicyclette, porteuse de messages au centre des villes de la région, mais aussi au coeur des bourgades et des fermes isolées. Elle s'était
confectionné des saccoches à doubles parois,accessibles seulment par le bas, pour transporter les documents avec un minimum de risques. En sachant qu'à l'approche du danger elle pouvait les
larguer, d'un geste dans un fossé ou un endroit discret, avant d'avoir été repérée, quitte à venir les récupérer ensuite!
L'occupant, d'ailleurs,du moins au début, se méfiait peu d'une femme à vélo sur les routes de campagne, c'était sa principale couverture jusqu'au jour où:
Les feldwebels avaient établi leur barrage sur une petite route vicinale, alors que, d'habitude, ils ne se manifestaient que sur les nationales, ou à la rigueur sur les départementales.
En les voyant de loin, Aurélia s'était sentie devenir blême et moite car elle transportait, ce jour là un courrier important en volume et, comme elle le supposait, important aussi en contenu. Elle
avait largué, aussitôt ses saccoches en repérant bien l'endroit pour venir les rechercher, puis avait fait demi-tour, avec l'espoir qu'elle n'avait pas été repérée!
Peine perdue, elle avait été rejointe par un motard de la Waffen SS,les pires, qui descendu de moto, lui avait aussitôt collé son arme sur la tempe en vociférant une langue dont elle ne connaissait
pas le premier mot!
Le froid de l'acier du canon l'avait remise un peu d'aplomb. Elle leva les bras en signe d'impuissance et d'innocence. Ses bras levés avaient dévoilé plus que la naissance de ses seins sous son
tricot et le soutien gorge, en satinette rose les contenant à grand peine! Le soldat, tout SS qu'il fut n'y avait pas été insensible.
Il avait eu la tentation de partir en exploration, mais fut remis à sa place par une violente tape sur la main. Craignant des complications svec sa hiérarchie, il n'avait pas insisté et avait, même
fait demi-tour!
Planquée dans un fourré, à quelques dizaine de mètres de là, avec une réaction nerveuse qui la faisait trembler de la tête aux pieds, elle avait attendu deux heures que la barrage soit levé pour
aller récupérer ses saccoches et effectuer sa livraison à l'endroit prévu.
Elle était rentrée au potager longtemps après la tombée de la nuit et Maurice l'attendait, figé par l'inquiétude qui n'était pas loin de se transformer en angoisse. Elle avait raconté sa rencontre
tout en préparant un dîner que Maurice n'avait même pas eu l'idée de mettre en route.
A son arrivée, trois têtes aux regards inquiets s'était profilées dans l'embrasure des portes de chambres, et voyant leur mère saine et sauve avaient regagné leurs lits, rassurés!
Celà avait été une chaude alerte, mais ce n'était que la première. Aurélia s'en rendait bien compte. Ce soir là, pourtant,la chaleur des bras de Maurice avait été d'un grand réconfort à son corps,
sorti de sa gangue d'angoisse, alors que son coeur et sa tête batifolaient aux côtés de Robert!
La nuit suivante, ce fut Maurice qui manqua à l'appel du soir, car Robert l'avait emmené jusqu'au champ de blé, baptisé terrain d'atterrissage. Dont le sol avait été aplani, tant bien que mal. Il
lui avait expliqué comment faire le balisage de la piste improvisée avec des bidons à demi remplis d'essence pour économiser le carburant et comment les allumer, au tout dernier moment lorsque
l'avion signalait son arrivée par un très bref message radio convenu.
Et comment, aussi, aussitôt posé, il fallait le décharger de sa cargaison, accueillir les arrivants et embarquer les partants. Il fallait ensuite, convoyer les nouveaux venus en lieu sûr, en
évitant de tomber sur une patrouille allemande imprévue. Les balises lumineuses ne devaient brûler que le temps le plus court possible pour ne pas risquer d'être aperçues par les Boches. En cas de
surprise il fallait se disperser tous azimuts pour compliquer la tâche des assaillants. mais auparavent il fallait protéger l'avion par tous les moyens jusqu'à ce qu'il ait décollé!
Par caravanier
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Publié dans : La guerre au bord du Loir
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